jeudi 30 juin 2011

Introduction au traité Bérakhote

(Petite précision : je ne l’ai pas encore étudié, audace qu’on me pardonnera je l’espère.)

La certitude intellectuelle et la conviction intime du lien perpétuel qui existe entre Dieu et les hommes se voient célébrés dans ce traité du Talmud, par le biais des bénédictions que chaque juif doit réciter dans chaque circonstance de sa vie.

Certes, la rigueur qui s’exprime à travers ces bénédictions toutes faites apparaît paradoxale avec notre conception même de l’idée de bénir : le sublime, (le petit côté sincère) semble perdre de sa valeur.
Décidément la prière casse la prière !
Mais pourquoi cherche-t-on à ritualiser cette pratique ; cette prière qui est en fait un cri du cœur de détresse ou de reconnaissance peu importe, par essence même doit être spontanée, libre j’oserai même dire émancipée !
On pourrait proposer que c’est précisément là la volonté de Dieu - que le sentiment religieux encore abstrait puisse (enfin !) trouver sa place dans la réalité structurelle de la vie de tout les jours : par une conduite tracé par la Halakha.
Peut-être que lorsque la Torah se fait proche des humains elle tend à réaliser son objectif unique et très original – la transposition des grandes idées dans un réseau d’obligation précis et minutieux donc contraignant (eh oui c’est une partie du mérite).
Ainsi elle fait régner la Torah sur la Terre des Hommes.
Le judaïsme a pour slogan que la Torah « n’est pas dans le ciel » (Dévarim 30,12), il cherche à faire de la parole divine, une Torah vécue ! (Quelle idée ! Notre vie c’est d’essayer de s’adapter à la Torah qui a été adapté à nous !)
Bizarrement, chez les juifs, une idée impossible à traduire en acte paraît morte, comme si c’est seulement à travers son expression concrète elle saura alors être valorisée. (Dans ce cas comment parler de lechem shamayim… ?) La Torah cherche par sa pratique à avoir sur les hommes un impact divinement humain. Elle tend à unifier l’idéal et le réel !
Puisque bénir c’est déclarer sa foi non seulement en Dieu mais aussi en ses systèmes et ses méthodes vis-à-vis des humains : notre traité commence par le Kriyat Chéma, prière communément reconnue comme la proclamation de foi la plus basique, l’affirmation biquotidienne du monothéisme.
Cette petite réflexion mérite à mon sens une étude de fond, puisqu’elle fait impact et écho à la grande question de la relation qu’on avait longtemps crue impossible entre Dieu et l’humanité…